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LEGER AU FRONT

CENTENAIRE 14-18

dimanche 18 nov.

17h00

crédit : Sylvia Lacaisse

spectacle associant musique - lecture et performance artistique

d’après la correspondance de guerre de Fernand Léger (1914-1917)



Léger au front est un spectacle du sculpteur Patrice Alexandre, du compositeur David Chaillou et de l’acteur Jacques Gamblin. Cette performance théâtrale, crée en 2008/2009, est conçue à partir des lettres écrites entre 1914 et 1917 par le peintre Fernand Léger, alors qu’il était au front. Elle voit au fil des lettres l’acteur-lecteur se transformer sous les doigts du sculpteur en une statue vivante de boue, la musique (3 musiciens et sons enregistrés) accompagnant cette métamorphose.

Il a reçu le label « Centenaire« , délivré par la Mission du Centenaire de la Première Guerre mondiale.




sur une idée de Patrice Alexandre
co-mise en scène et adaptation des lettres Jacques Gamblin
musique David Chaillou

avec le comédien Olivier BALAZUC

le sculpteur Patrice ALEXANDRE

et l’ensemble instrumental Les INIMAGINAIRES
Isabelle CORNELIS, percussions |
Olivier VOISIN, trompette |
Jérémy BOURRE, violoncelle





Ce spectacle a été et sera donné à La Comédie de Reims, à l’Odeon Theater de Vienne, au Landesmuseum de Bonn, au Carintischer Sommer Festival (Autriche), Théâtre de l’Athénée à Paris, au Festival des Abbayes de Lorraine ainsi qu‘à l‘Opéra de Reims.




La critique par Eléonore Colin

« Mon cher vieux, la guerre actuelle est devenue une guerre vache, dure. Une guerre de défensive, de tranchées, d’attaques et de contre-attaques pour gagner péniblement trente mètres », écrit Fernand Léger à son ami Louis Poughon en octobre 1914. A 33 ans, ce pionnier du cubisme vient d’être mobilisé comme sapeur réserviste, puis brancardier. Jusqu’en 1917, il fera l’expérience terrifiante du front ardennais : « Je crois que j’aurai toujours le goût âcre et fade du sang tiède. J’en étais plein. » Chaque jour, la pluie, la boue, la peur au ventre, l’ennui, le désespoir, l’agonie et la mort assombrissent davantage son cauchemar éveillé. Léger entreprend alors d’immortaliser ses compagnons d’infortune sur du papier d’emballage avec un procédé graphique et une abstraction proches de sa période « Contrastes de formes » (dont Soldats jouant aux cartes).

[…]

Une lecture vibrante de sa correspondance de guerre, mise en scène en 2008 par l’acteur Jacques Gamblin avec le sculpteur Patrice Alexandre et le compositeur David Chaillou, illustre au détour le désarroi croissant de Fernand Léger. Durant trois ans, son crayon comme sa plume n’auront cessé de dépeindre l’enfer des tranchées avec un réalisme crépusculaire et un humanisme prodigieux à l’égard de ses âmes damnées.


> site et videos
TOUT SAVOIR

Patrice Alexandre (co-metteur en scène) est sculpteur et professeur à l’école nationale supérieure des beaux arts de Paris. Pensionnaire de l’Académie de France à Rome de 1981 à 1983, Prix de la Biennale de Budapest 1981. A partir de 2001 (suite à une commande du Conseil général de la Marne) il axe sa recherche plastique autour de la relation sociale et historique liées aux monuments aux morts de la Grande Guerre (un travail universitaire à l’EHESS en sera le développement.) Nombreuses expositions en France et à l’étranger. Auteur de diverses commandes publiques dont le monument à Saint‐John Perse dans les jardins du Muséum d’histoires naturelles à Paris 1992, lauréat du concours international du barrage réservoir Aube en 1993. En 2008, conjointement avec le photographe Ferrante Ferranti, il interprète par la sculpture certaines vues de Rome de Piranèse : expositions à la Base sous marine de Bordeaux, au musée de Gajac à Villeneuve sur Lot, à l’espace Méjanes à Arles .Plusieurs monographies lui ont été consacrées notamment aux éditions Autrement 1983, éditions de la Différence et Initiales 1986, musée d’Epernay 1995, Conseil général de la marne 2001, éditions du Bois 2006.

David Chaillou (direction musicale) est compositeur et maître de conférences à l’Université d’Artois. Formé au CNSM et à la Sorbonne, il écrit pour diverses formations (instrument seul, voix, orchestre, musique mixte) et compose, parallèlement à la musique de concert, pour le théâtre, le cinéma et l’édition. Il a reçu des commandes de l’Ariam Ile de France, du Comité pour les 500 ans de la Trinité des Monts à Rome, de l’Orchestre de Bretagne, de la mairie de Paris ou encore du festival Beethoven de Bonn dans le cadre des commémorations du traité de l’Elysée entre la France et l’Allemagne. En 2011, il est lauréat pour la composition de la Brown foundation fellow program (Musée des Beaux Arts de Houston) et du programme Sacem-Emergence. Les pièces de David Chaillou ont été jouées en France et à l’étranger (Rome, Salzbourg, Vienne, Moscou..) et diffusées sur Radio‐France, Radio- ‐Classique, Mezzo, France 2 France 3, Orphey (Russie), ORF (Autriche) et Arte. Son premier quatuor à cordes a été enregistré par le quatuor Aron, ensemble en résidence au Schoenberg Institut de Vienne (Preiser-­‐ records, 2010). Par ailleurs David Chaillou a composé la musique d’un livre‐disque pour les enfants, Philomène et les Ogres, sur un texte d’Arnaud Delalande paru en 2011 (éditions Gallimard jeunesse) et lu par Jean-Pierre Marielle et Agathe Natanson.

Son opéra, Little Nemo, d’après la bande dessinée Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay (1905), a reçu le Prix de la Fondation Beaumarchais et s’est donné 9 fois en janvier et février 17 dans les opéras de Nantes, Angers et Dijon, avec la soprano Chloé Briot dans le rôle-titre.

Jacques Gamblin (co­metteur en scène) est comédien de théâtre, de cinéma et de télévision, il débute sa carrière au cinéma en 1988 dans Périgord noir de Nicolas Ribowski. Il a depuis tourné avec les plus grands réalisateurs français (Bertrand Blier, Claude Chabrol, Robert Guédiguian, Claude Lelouch, Bertrand Tavernier) et étranger (Shohei Imamura). Ses plus grands succès populaires ont été Tout ça pour ça ! de Claude Lelouch, Pédale douce de Gabriel Aghion et Les enfants du marais de Jean Becker. En 2002, il a reçu le Prix d’interprétation au Festival de Berlin pour son rôle dans Laissez-passer de Bertrand Tavernier. Il a été à l’affiche des Brigades du tigre où il jouait le rôle de Bonnot. Jacques Gamblin est également l’auteur de trois monologues (Quincailleries, Ed. Le Patio, 1992, Le Toucher de la Hanche, Ed Le Dilettante, 1997, Entre courir et voler, il n’y a qu’un pas papa, Ed Le Dilettante, 2004) qu’il a mis en scène et interprété lui même. Le dernier, qu’il a créé à Chalons-en‐champagne, a été représenté 144 fois à Paris et en tournée dans toute la France.

Olivier Balazuc (comédien). Après des études de Lettres, Olivier Balazuc est formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique (promotion 2001). Au théâtre, il travaille avec Olivier Py : Le Soulier de satin de Claudel (2003) – Les Vainqueurs (2005) – Illusions comiques (2006) – L’Énigme Vilar (2006) – Roméo et Juliette de Shakespeare (2011) -Clément Poirée, Kroum l’ectoplasme de Hanokh Levin (2004) – Christian Schiaretti, Par-dessus bord de Vinaver (2008) – Bérengère Jannelle, Amphitryon de Molière (2008) – Volodia Serre, Le Suicidé de Nikolaï Erdman (2009) – Les Trois Soeurs de Tchékhov (2010) – Laurent Hatat, HHhH de Laurent Binet (2012) – Richard Brunel, Le Silence du Walhalla d’Olivier Balazuc (2013) – Véronique Bellegarde, Farben de Mathieu Bertholet (2015) et Guesch Patti, Re-Vue, d’après Edouard Levé, un spectacle de danse-théâtre (2015).

Au cinéma et à la télévision, il tourne avec Charles Nemes, Nina Companeez, José Pinheiro, Serge Moati, Léa Fazer, Frédéric Tellier, Cyril de Gasperis.

En 2002, il adapte et met en scène L’Institut Benjamenta de Robert Walser dans le cadre du Jeune Théâtre National et fonde la compagnie La Jolie Pourpoise.

Il monte des textes de répertoire : Elle de Jean Genet (2005), Un Chapeau de paille d’Italie d’Eugène Labiche (2006), avant de se consacrer aux écritures contemporaines : Menschel et Romanska de Hanokh Levin (2009), La Crise commence où finit le langage d’Éric Chauvier (2013), La Boîte de Jean-Pierre Siméon (2016), ainsi que ses propres pièces, dont Le Génie des bois (2007). De 2010 à 2014, il est membre du collectif artistique de la Comédie de Valence où Richard Brunel lui commande et met en scène Ghost Hotel (2011) et Le Silence du Walhalla (2013). Dans le domaine musical, il met en scène Codex Caioni avec l’Ensemble Baroque XVIII-21 (2009) et Je fais ce qui me chante, une commande du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, à l’occasion de l’année Poulenc (2013).

Depuis plusieurs années, il oriente son travail vers des créations jeune public. Au théâtre, il écrit et met en scène L’Ombre amoureuse (2010) et L’Imparfait (2017) ; à l’opéra, L’Enfant et la Nuit, musique de Franck Villard, publié sous forme de livre-CD chez Gallimard, Giboulée (2012), ainsi que Little Nemo (en collaboration avec Arnaud Delalande), musique de David Chaillou (2017).

Lauréat du Prix du Jeune Écrivain (1997 et 1998), ses pièces de théâtre sont publiées chez Actes Sud-Papiers. Son premier roman, Le Labyrinthe du traducteur, est paru aux Belles Lettres/Archimbaud (2010). Il écrit également des scénarios pour le cinéma et la télévision. En 2015, il est lauréat de la bourse d’écriture du Centre national du Livre.

II – Description détaillée du projet

A – Synopsis

Le spectacle Léger au front retrace la Première Guerre mondiale telle que la vécut Fernand Léger, soldat du génie puis brancardier, pendant presque quatre ans. Envoyé sur le Front, alors qu’il pensait pouvoir rejoindre la section de camouflage des Armées, le peintre Fernand Léger va faire de 1914 à 1917 l’expérience douloureuse de la guerre en direct. Le 24 octobre 1916, il participera avec sa compagnie à la reprise du fort de Douaumont.

Pendant que le Cubisme, dont il est l’un des pionniers, est utilisé par les camoufleurs pour tromper l’ennemi, et que les artistes de sa génération ont presque tous intégré cette section, Léger, lui, a les pieds dans la boue et marche sur des débris humains. Ce spectacle est un témoignage irremplaçable de la vie des Poilus. Il révèle en outre la sensibilité d’un peinte qui, dans les pires moments, n’abandonne pas son engagement d’artiste.

Alexandre, Chaillou et Balazuc se retrouvent pour faire vivre par la parole, la musique et la terre modelée un certain nombre de ces lettres choisies dans la correspondance de Léger à Louis Poughon, ami du peintre et homme politique influent. Celles-ci sont lues par Olivier Balazuc qui incarne Fernand Léger. La musique l’accompagne : trompette, percussions et violoncelle impriment le rythme et dialoguent avec le texte. Reprenant des chants populaires, les bruits que Léger entend, supporte dans la forêt d’Argonne et à Verdun, la musique exprime le chant profond du désespoir.

Dans le même temps l’acteur subit l’épreuve de la matière. Au fil de la lecture, le sculpteur entame un autre dialogue avec les mots, en rythmant l’action à sa manière, par des gestes violents ou plus construits qui vont faire de l’acteur une sculpture vivante, un monument.

Léger, après la Grande Guerre, souhaitait développer l’idée d’un art total où se mêleraient les différents champs artistiques dans le même espace-temps. Son message ne sera que partiellement réalisé. Aujourd’hui Léger au front tente de reprendre ce désir en entamant un dialogue improbable avec l’un des pionniers de l’art moderne.

B – Un fait historique

Léger au front nous permet de suivre la vie du peintre Fernand Léger durant la Grande guerre, depuis le départ la fleur au fusil jusqu’à la réalité de la tranchée. Léger participe de 1914 à 1917 aux combats dans la Marne, en Argonne et à Verdun. Il est ensuite gazé et réformé. Ces lettres à Poughon sont un témoignage irremplaçable du quotidien des Poilus et de l’évolution du regard de l’artiste. Tout au long de sa correspondance, Léger conserve sa vision de peintre dont l’attirance pour l’abstraction trouve, devant les paysages dévastés par la guerre, matière à imaginaire. Profitant des répits des permissions, il ne cesse de peindre avant de retrouver le front. Devant Verdun détruit, il écrira : « Il n’y a qu’à copier ».

C – Un hommage par le théâtre aux combattants de la Grande guerre

Léger au Front est un spectacle total convoquant trois modes d’expression, la littérature, la sculpture et la musique. Le texte de Fernand Léger est mis en relief par une idée dramaturgique saisissante : la transformation sous nos yeux d’un homme libre et vivant en un être peu à peu englouti par la terre, une statue de boue, un monument aux morts.

> voir Castelproduction


Spectacle organisé dans le cadre du
Festival des Abbayes de lorraine et du soutien de la
Région Grand est
avec le concours de la
Communauté d‘Agglomération de Saint-Dié des Vosges
la commune de Saint Jean d‘Ormont
et l‘Association les Chemins de mémoire - la Fontenelle
L'aide précieuse de Orchestre + (St Dié)